J'ai appris ce matin que les profanateurs qui s'en étaient pris à plusieurs lieux de culte en Bretagne ont été arrêtés et ont avoué (l'estrapade et les glaces de Venise n'ont pas perdu de leur efficacité, semble-t-il...). C'est surtout l'explication qu'ils donnent de leur geste qui m'intéresse.
En effet, un magistrat expliquait à la radio que ces manifestations visaient à dénoncer la prépondérance du christianisme et notamment le fait que la conservation du patrimoine religieux païen (par exemple les mégalithes de Bretagne) fait l'objet d'un moins grand soin que celle du patrimoine chrétien. L'idée me paraît intéressante, même si, je le dis avec force, je condamne avec la dernière vigueur les actions de ce groupe. Cette position (même si elle semble faire abstraction des destructions d'églises dont il a été question à plusieurs reprises dans l'actualité récente), me paraît assez sensée, bien que, je le répète, les moyens mis en oeuvre pour l'exprimer me fassent horreur.
Cependant, un point me pose problème et me laisse penser que ces personnes n'avaient pas une réflexion assez approfondie... (euphémisme) : c'est le nom sous lequel ils ont signé leurs forfaits, TABM, pour True Armorik Black Metal.
En effet, la première chose est la mention du Black Metal. Je ne comprends pas ce que cette musique vient faire là-dedans. En plus de jeter, une fois de plus, le discrédit sur des amateurs de musique qui n'ont rien demandé, cet élément confère une sorte de sceau de crétinisme au nom utilisé, que l'esthète que je suis déplore sincèrement.
Ensuite, si on prétend défendre les valeurs et les traditions de la Bretagne, pourquoi choisir pour se désigner soi-même une sorte de sabir anglo-saxon plutôt qu'une belle expression dans une belle langue bretonne ?
Enfin, le choix du sigle est, plus que tout, désolant : pour n'importe quel humain normalement cultivé, TABM évoque "True Aryan Black Metal", avec tous l'arrière plan idéologique que cette simple expression peut charroyer. Pourquoi alors choisir ce sigle si on n'adhère pas à l'idéologie qu'il évoque ? Et pourquoi continuer de ridiculiser encore un peu le message qu'on veut transmettre en invoquant ce sens morbide ?
En somme, j'aurais pu avoir beaucoup de sympathie pour le message de ces créatures, si elles avaient choisi de combattre aux côtés de Myrddin (même si, encore une fois, il m'eût été impossible d'avoir quelque sympathie que ce soit pour leurs actes, car tous les lieux sacrés le sont pour moi et toutes les créations artistiques de l'homme me sont plus précieuses que la vie). Mais ce choix pathétique et, pour le dire franchement, hideux me fait perdre tout intérêt à leur cause.
26 juin 2007
Profanateurs sans grâce
Libellés :
black metal,
celt,
paganism,
profanateur,
profanation,
satanism,
TABM
21 juin 2007
Ala Draconis : réflexions sur le gothique
Par ce billet, je veux lancer le vol du Dragon... expliquer le choix de ce titre et le projet que nous nous proposons dans ce blog. Pour nous, le Dragon est l'imagination en action, Il la représente et l'exemplifie. Imaginaire par excellence, Il effraie et fait rêver, tantôt gardien inflexible et tantôt guide bienveillant, Il est espoir et cauchemar, désolation et richesse.
Pourquoi son aile ensuite ? Parce que l'aile du Dragon est cette petite chose qui Le fait voler, ce je-ne-sais-quoi qui donne vie au rêve. Mais aussi parce que l'aile du Dragon est barbelée et membraneuse, parce que notre rêve est gothique et que ce gothique est celui même de l'aile du Dragon : léger et épineux. Notre gothique est Fraktur, flamboyant. C'est un gothique tardif, décadent, fin de siècle. C'est un gothique du baroque et de la fioriture, comme une lettrine du XVème siècle et comme l'aile luisante, osseuse et parcheminée d'un Dragon.
Nous nous proposons de présenter ici nos réflexions sur le gothique, des textes ou des images d'inspiration gothique. Cette notion reste arbitraire et imprécise, même si nous savons intuitivement ce qui peut être qualifié ainsi. Une des tâches que nous nous donnons est précisément d'essayer de définir plus précisément ce qu'est le gothique.
Nous sommes également ouverts aux propositions d'autres contributeurs et nous sommes disposés à accueillir d'autres réflexions et d'autres créations, à condition qu'elles nous paraissent en accord avec l'esprit du blog.
Pourquoi son aile ensuite ? Parce que l'aile du Dragon est cette petite chose qui Le fait voler, ce je-ne-sais-quoi qui donne vie au rêve. Mais aussi parce que l'aile du Dragon est barbelée et membraneuse, parce que notre rêve est gothique et que ce gothique est celui même de l'aile du Dragon : léger et épineux. Notre gothique est Fraktur, flamboyant. C'est un gothique tardif, décadent, fin de siècle. C'est un gothique du baroque et de la fioriture, comme une lettrine du XVème siècle et comme l'aile luisante, osseuse et parcheminée d'un Dragon.
Nous nous proposons de présenter ici nos réflexions sur le gothique, des textes ou des images d'inspiration gothique. Cette notion reste arbitraire et imprécise, même si nous savons intuitivement ce qui peut être qualifié ainsi. Une des tâches que nous nous donnons est précisément d'essayer de définir plus précisément ce qu'est le gothique.
Nous sommes également ouverts aux propositions d'autres contributeurs et nous sommes disposés à accueillir d'autres réflexions et d'autres créations, à condition qu'elles nous paraissent en accord avec l'esprit du blog.
Inscription à :
Articles (Atom)
